mercredi 11 octobre 2023

«Échec du renseignement, riposte israélienne, importation du conflit en France»: l’analyse de Pierre Brochand (ex-DGSE) sur l’attaque du Hamas Par Eugénie Bastié Pierre Brochand a été directeur général de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2002 à 2008, ainsi qu'ambassadeur de France en Israël (entre 1993 et 1995). - En tant qu'ex ambassadeur en Israël et ex directeur de la DGSE, comment appréciez-vous la gravité des évènements ayant lieu en Israël ? Est-ce sans précédent ? Pierre BROCHAND. - Je ne m'exprime évidemment que sur la base d'informations ouvertes, avec la grande distance qu'autorise la retraite et la prudence que recommande une situation rapidement évolutive. Cela dit, la gravité de ces évènements est exceptionnelle. Pour quiconque a vécu en Israël, mais a pu avoir, aussi, un aperçu de l'étendue et de la qualité de son appareil sécuritaire, ce qui se passe depuis samedi est proprement inimaginable. On peut avancer, en effet, qu'il n'y a aucun précédent : lors des guerres ou intifadas antérieures, jamais le territoire d'Israël stricto sensu, tel que défini à la proclamation de l'indépendance, n'avait connu des opérations de guerre terrestre, de ce type et de cette ampleur. Si l'on y ajoute la sidération liée à la surprise absolue, l'absence de réaction immédiate de l'armée, le nombre de civils tués et blessés et, encore plus, enlevés, hommes et femmes de tous âges, y compris des militaires de haut rang, on mesure l'état de stupeur, non seulement des Israéliens, mais aussi de tous ceux qui se veulent familiers de ce pays, à nul autre pareil. Pour quiconque a vécu en Israël, mais a pu avoir, aussi, un aperçu de l'étendue et de la qualité de son appareil sécuritaire, ce qui se passe depuis samedi est proprement inimaginable. Dans cette tourmente, il convient de faire un sort particulier à la «rave party», organisée aux portes de Gaza, hautement symbolique et terriblement meurtrière, comme si cette «fête» avait été, d'un côté, le signe d'une inconscience coupable, à quelques pas d'un volcan mal éteint, et, de l'autre, l'occasion de marquer le fossé - de portée mondiale, puisque déjà vu au Bataclan - entre une jeunesse «occidentale», hédoniste et cosmopolite, et une autre, «retardataire», violente et frustrée. Il faut, évidemment, compléter ces développements inédits, en soulignant, une nouvelle fois, le rôle démultiplicateur des smartphones et réseaux sociaux, dont les vues, instantanément diffusées, dans leur horrible réalité, ont pris de court, à la fois, la censure militaire, autrefois toute puissante, et les chaînes de télévision. Ce qui, certes, n'a pas directement affecté le cours des choses, mais en a révolutionné la perception par les opinions et, donc, la gestion, en temps réel, par les politiques. Vous avez été dans les services secrets. Est-ce une faillite totale du renseignement israélien, 50 ans après la guerre de Kippour ? Assurément. On ne peut nier l'échec, comparable à celui de la guerre de 1973. Jusqu'ici, on avait le sentiment que rien de ce qui advenait à Gaza n'échappait aux services israéliens, tant leurs moyens en renseignement humain et technique y étaient denses et efficaces. Les éliminations ciblées, par voie aérienne, de hauts responsables du Hamas et du Jihad islamique, quasiment toujours réussies, semblaient confirmer cette omniprésence. Aussi a-t-on du mal à comprendre comment une attaque de cette envergure, exigeant une longue préparation et impliquant plusieurs centaines de personnes, a pu échapper à tous ces capteurs d'information. L'échec dépasse les services secrets : il est aussi militaire et stratégique Mais l'échec dépasse les services secrets : il est aussi militaire et stratégique. Militaire, en ce sens que le pourtour de Gaza était dégarni de ses forces habituelles, transférées en Cisjordanie, où était observée une recrudescence du terrorisme et à laquelle l'aile « sioniste religieuse » du gouvernement porte un intérêt privilégié, en raison de la forte présence de ses partisans dans les implantations juives de « Judée Samarie ». Ainsi, quelle ironie de voir de simples bulldozers abattre, en un rien de temps et sans opposition, la clôture renforcée encerclant Gaza, au moment même où la survolaient une nuée d'ULM, transformés en force d'invasion aérienne. Alors que, rappelons-le, Tsahal a consacré de vastes ressources à la construction, non seulement de cette barrière de sécurité, mais aussi d'un gigantesque mur souterrain, supposé colmater les nombreux tunnels, creusés par le Hamas afin d'infiltrer ses commandos. À mon avis, cette défaillance des forces armées, totalement absentes du terrain, pendant que massacres et enlèvements s'y multipliaient, va avoir un impact psychologique encore plus profond sur la société israélienne, laquelle fait corps avec ses soldats, doués d'ubiquité, dans un pays à surface réduite. Cette défaillance des forces armées, totalement absentes du terrain, pendant que massacres et enlèvements s'y multipliaient, va avoir un impact psychologique encore plus profond sur la société israélienne, laquelle fait corps avec ses soldats, doués d'ubiquité, dans un pays à surface réduite Quant au niveau stratégique, c'est une sorte de « grand dessein » israélien, vis-à-vis de la question palestinienne, qui vient de prendre un coup direct. Ce projet pouvait s'analyser en deux volets : d'une part, isoler les Palestiniens des États arabes, de façon à réduire le conflit à un face-à-face avec l'État hébreu, d'autre part, diviser leur mouvement national en au moins deux fractions, l'une vaguement coopérative ( l'Autorité palestinienne, issue de l'OLP et concrètement du Fatah ) et l'autre, présentée comme jusqu'au boutiste ( le Hamas, suppléé par le Jihad islamique ). Dans tous les cas, cette entreprise de saucissonnage visait à prolonger indéfiniment le statu quo, c'est-à-dire une situation de « ni guerre ni paix », sans règlement politique, finalement confortable pour Israël, dont le rapport de force, écrasant en sa faveur, garantissait la pérennité à court et moyen terme. Ce cadre conceptuel est-il totalement remis en cause? Oui. L'isolement des Palestiniens avait, certes, remarquablement progressé : l'Égypte, la Jordanie, les signataires des «Accords d'Abraham » ( EAU, Bahreïn ), le Maroc, le Soudan avaient reconnu les uns après les autres l'État hébreu et conclu des accords de coopérations avec lui. Venait maintenant le tour d'un poids lourd, l'Arabie saoudite, gardienne des lieux saints, en pourparlers avancés, par l'intermédiaire de Washington, pour emboîter le pas. Il est clair que l'offensive éclair du Hamas a changé la donne et rend désormais difficile, pour un certain temps, tout rapprochement d'un pays musulman avec Israël, à l'heure où celui-ci entreprend des opérations de destruction massive de Gaza. De même, fait moins connu du grand public, il existait une sorte de convergence, paradoxale mais objective, entre les ennemis radicaux que sont Israël et le Hamas. En effet, Israël, que l'on soupçonne d'avoir favorisé la naissance du mouvement islamiste, a toujours vu dans celui-ci un facteur d'affaiblissement de la cause palestinienne et un obstacle à un règlement négocié sur la base de « deux États », tout en estimant qu'une politique de « containment » suffirait à le neutraliser, surtout depuis que lui-même s'était encagé à Gaza. N'oublions pas, non plus, qu'était en discussion, depuis de longs mois, par le truchement de l'Égypte et du Qatar, un accord indirect, où des permis de travail en Israël et des financements de Doha étaient supposés contrebalancer un cessez-le-feu de longue durée de la part du Hamas. Autant dire que tout cet arrière-plan a volé en éclats, puisque désormais le leadership israélien a annoncé urbi et orbi sa volonté de « détruire » le Hamas, sans que l'on sache encore s'il s'agit seulement de son appareil militaire ou du régime qu'il incarne. Nuance qui n'est pas négligeable, puisque, dans le premier cas, on resterait dans les limites de l'épure habituelle et, dans le second, on en sortirait. Quel est l'intérêt du Hamas d'effectuer une telle opération ? Le terrorisme est-il un moyen efficace dans une guerre asymétrique? On peut, en effet, s'interroger sur l'intérêt du Hamas à se lancer dans une provocation aussi spectaculaire, laquelle lui a sans doute rapporté gros dans un premier temps, mais va lui coûter cher dans un deuxième. Ce qui vient d'être dit sur le rapprochement imminent entre Israël et la dynastie saoudienne a certainement joué un rôle : l'organisation islamiste a sans doute voulu rappeler au monde arabe qu'il ne pouvait agir comme si elle n'existait pas. Ce faisant, elle s'est retrouvée dans la position inespérée de fixer « l'agenda » au Moyen-Orient, au moment où cet ordre du jour était en passe de lui échapper totalement. Va, dans le même sens, le choix de la date, cinquantième anniversaire de la guerre du Kippour, qui inscrit, comme un rappel, la « sortie de Gaza » dans la continuité des guerres étatiques d'autrefois. Peut-être, aussi, le Hamas a-t-il cru - et, dans cette hypothèse, il se serait lourdement trompé - que les profondes dissensions politiques affectant Israël depuis des mois, allaient affaiblir la capacité de réaction du pays. Pour le reste, les dirigeants islamistes ont-ils commis une erreur de calcul ? On pourrait l'imaginer, à constater que les soutiens, qu'ils ont reçus jusqu'à présent, n'ont été que verbaux ou minimaux : ni le Hezbollah, ni la population de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, ni les Arabes israéliens, ni ce qui reste de la mythique « rue arabe » ne sont vraiment entrés en action pour l'appuyer. Un terrain sur lequel je ne saurais trop m'aventurer, faute de sources, est le degré d'implication de l'Iran, que d'aucuns dénoncent comme le tireur de ficelles de toute cette affaire. Il est certain que la République Islamique apporte une aide multiforme au Hamas sunnite et que ce soutien a certainement aidé celui-ci à monter une opération d'une sophistication hors du commun. Mais il me parait tout aussi vrai que, de tous les acteurs par procuration que manipule Téhéran ( Hezbollah, milices irakiennes, Houthis, tous chiites ), le Hamas reste le plus autonome. Je doute, donc, mais peux me tromper, qu'il ait agi sur instructions du Guide Suprême, quoique celui-ci ait pu donner sa bénédiction et une forme de feu vert. Mais on doit aussi noter, en sens inverse, que les dirigeants israéliens, prompts à vitupérer le régime des ayatollahs, s'en sont jusqu'ici curieusement abstenus. Car, après tout, le Hamas est ancré dans une population, devant laquelle il est d'abord comptable de ses actes, puisque c'est elle qui, en fin de compte, en paye le prix. Tout comme, d'ailleurs, le Hezbollah, qui, bien que véritable créature des Gardiens de la Révolution, ne peut agir sans tenir compte du désastreux contexte libanais, lequel limite, dans une certaine mesure, sa liberté d'action : le fait qu'il ait jusqu'ici évité d'entrer dans la danse - comme d'ailleurs chaque fois que, par le passé, le Hamas et Israël ont croisé le fer - souligne les limites de la solidarité entre ces proches de l'Iran. D'autant que le Hezbollah a, aussi, pour mission d'épargner ses forces, pour le cas où Jérusalem et Téhéran entreraient en confrontation directe, nouvelle édition d'Armageddon. Jusqu'à preuve du contraire, donc, le Hamas demeure seul en piste. Et, si cette solitude devait se prolonger, le bilan deviendrait pour lui bien mitigé. Cette guerre, qui oppose un état démocratique qui a le souci des otages à des groupuscules prêts à tout et sans limites, est-elle vouée à demeurer un conflit sans fin ? La triste innovation de ces derniers jours est la capture massive d'Israéliens ( autour de 200, semble-t-il ), dont un nombre indéterminé de binationaux américains, britanniques, français et autres. Ce qui vient encore compliquer une équation, déjà ardue à résoudre. Ce fait inouï introduit un élément inédit, dont on ne sait encore comment il va être géré par les deux parties. Pour le Hamas, il s'agit à l'évidence d'un atout de première grandeur, dont il peut faire usage, selon les lois du terrorisme, à la fois comme moyen de chantage, bouclier humain et monnaie d'échange. Dans le cas d'Israël, le dilemme est tragique : va-t-il agir comme si les otages n'existaient pas ou au contraire mesurer ses actions à l'aune de leur survie ? Dans un pays aussi démocratique, où l'opinion pèse lourd, il va être difficile d'ignorer la seconde branche de l'alternative Dans le cas d'Israël, le dilemme est tragique : va-t-il agir comme si les otages n'existaient pas ou au contraire mesurer ses actions à l'aune de leur survie ? Dans un pays aussi démocratique, où l'opinion pèse lourd, il va être difficile d'ignorer la seconde branche de l'alternative, étant entendu que la troisième option - celle d'opérations ponctuelles de sauvetage, en profondeur - , risquées en toutes hypothèses, le serait encore davantage, dans un territoire surpeuplé, où les captifs vont probablement être dispersés dans des geôles souterraines. Itzhak Rabin, personnalité exceptionnelle que je m'honore d'avoir connue, avait coutume de dire, après les accords d'Oslo, qu'il entendait « combattre le terrorisme comme si le processus de paix n'existait pas et poursuivre le processus de paix comme si le terrorisme n'existait pas ». Je ne suis pas sûr que cette formule séduisante soit applicable dans le cas présent. En 1993, Israël avait, face à lui, un interlocuteur pour la paix ( l'OLP ) et une organisation terroriste ( le Hamas ), lequel n'occupait pas encore Gaza. Aujourd'hui, il n'a plus que ce dernier en vis-à-vis, avec lequel il va être contraint de discuter, par l'entremise inévitable des Égyptiens, qataris, ou autres turcs. Car Israël, j'en suis convaincu, essaiera de jouer sur les deux tableaux, même s'ils sont a priori incompatibles pour le commun des mortels. Jusqu’où peut aller Israël dans sa riposte selon vous? Le pays attend, de toute évidence, une vengeance sans merci contre ceux qui ont commis, sous ses yeux, des forfaits d'une rare cruauté. En réponse à cette exigence, les autorités ont déclaré vouloir réagir comme jamais auparavant. Mais, en fait, hors les bombardements massifs, déjà en cours, choix de loin le plus « facile », les options sont plus restreintes qu'il n'y paraît. D'abord, il convient de liquider ce qui reste des infiltrés en territoire israélien, dont certains, profitant de la confusion, se sont peut-être enfoncés à l'intérieur, prêts à y commettre des attentats de grande ampleur. Ensuite, il importe de contrer les tirs de roquettes, qui, s'ils ne sont pas le danger principal, risquent néanmoins de saturer le « dôme de fer » ( dont les réserves ne sont pas inépuisables, malgré les réapprovisionnements américains ) et, aussi, de couper Israël du reste du monde, si l'aéroport international de Lod est abandonné par les compagnies étrangères. Les exécutions ciblées de dirigeants, domaine dans lequel Israël a fait ses preuves, et dont le caractère spectaculaire pourrait apaiser la colère, ne sont pas non plus aisées à mener à bien : les principaux dirigeants du Hamas vivent à l'étranger et son responsable militaire, Mohamed Deif, se terre à Gaza, dans des conditions de sécurité hors du commun. Toutefois, la mise hors d'état de nuire de ce dernier serait pour les services de renseignement israéliens, l'occasion d'un spectaculaire rachat. Reste la question clé : Tsahal va-t-elle se lancer dans une invasion terrestre de Gaza, comme semble le lui réclamer l'opinion, et, si oui, sous quelle forme ? Il ne faut pas oublier qu'en 2014, si mes souvenirs sont bons, à la suite, il est vrai, d'hostilités de bien moindre intensité, l'état-major avait convaincu Nétanyahou de renoncer à ce projet, parce qu'il aurait entraîné des pertes beaucoup trop élevées. La gravité extrême de la situation actuelle va-t-elle pulvériser ces objections ? Je n'ai pas la prétention de le savoir. Mais toute opération de cette envergure doit se fixer des objectifs. Personnellement, je n'imagine pas une nouvelle occupation à long terme, qui se transformerait en piège redoutable. Il ne pourrait, donc, s'agir que d'une incursion de courte durée, en coup de poing, visant, une fois de plus, à détruire l'infrastructure militaire du Hamas. Cet aller-retour pourrait-il suffire à renverser le pouvoir islamiste ? À supposer que le gouvernement le souhaite, la tâche ne paraît pas évidente. Observons que, pour l'instant, le ministre de la défense s'est borné à évoquer un « siège complet », ce qui serait déjà en soi une sanction non négligeable, dès lors que l'Égypte s'y associerait. De toute façon, ce qui a été engagé samedi n'est pas près de s'achever. Les semaines, mois et années à venir en témoigneront. À commencer par les règlements de compte politiques en Israël, qui risquent d'être sanglants. Vous avez été ambassadeur en Israël en 1993-1995, soit juste après les accords d'Oslo qui enclenchaient un espoir de paix. Avec le recul, diriez-vous que la paix était déjà impossible ou bien que des erreurs ont été commises pour qu'on en arrive à une telle situation ? La paix entre juifs et arabes, puisque c'est de cela qu'il s'agit, est un vœu pieux depuis trois-quarts de siècle. En très gros, deux tentatives sérieuses ont essayé de l'établir. L'une fut rationnelle et raisonnable, à travers un accord entre parties sur la base de deux États, l'un certes moins égal que l'autre, et, d'ailleurs, séparés ( on l'oublie souvent ) par un mur. Ce projet, qui reposait exclusivement sur les épaules de Rabin, est quasiment mort avec lui. L'autre tentative que j'ai déjà décrite, a été menée pragmatiquement par les adversaires d'un règlement politique. Elle visait à en faire l'économie, en maintenant indéfiniment un rapport de forces favorable à Israël, face à des palestiniens, isolés et divisés, avec d'un côté, une Autorité aboulique et corrompue ( « cash for peace »…) et, de l'autre, une entité islamiste, militante et contenue, parfaitement d'accord pour rejeter une sortie négociée. C'est cette deuxième voie qui vient, à son tour, de prendre du plomb dans l'aile, le Hamas démontrant, de manière insoupçonnée, qu'il avait la capacité de renverser la table et revenir au centre du jeu. Autant dire qu'aujourd'hui, moins que jamais, ces deux peuples semblent prêts à une coexistence pacifique, qu'elle soit voulue ou résignée. D'ailleurs, est-on si sûr qu'au fond d'eux-mêmes, beaucoup de palestiniens désavouent le coup d'éclat de leurs compatriotes islamistes ? Une conséquence pour notre pays est la division que crée chez nous la présence d'une importante minorité musulmane, alimentée uniquement par l'immigration, dont une fraction importante se sent solidaire de la cause palestinienne, quels que soient les moyens qu'elle utilise. Ce conflit peut il avoir des répercussions dans notre pays ? Une conséquence pour notre pays, outre le décès ou la séquestration de nos ressortissants, est la division que crée chez nous la présence d'une importante minorité musulmane, alimentée uniquement par l'immigration, dont une fraction importante se sent solidaire de la cause palestinienne, quels que soient les moyens qu'elle utilise. Il est tout de même étrange que le Ministre de l'Intérieur ait cru devoir convoquer une « reunion de sécurité », pour parer aux répercussions sur notre sol d'évènements se produisant à 3000 kms. On mesure par là l'une des multiples retombées sécuritaires qu'une immigration extra-européenne fait peser sur notre société, transformée en champ clos de tous les conflits de la planète. N'oublions pas non plus que le Hamas, au même titre que l'AKP turc ou l'Ennahdha tunisien, fait partie intégrante de la grande famille des Frères musulmans, largement représentée chez nous par des notables aussi bien que des activistes, en contacts fréquents avec certaines de nos collectivités locales. Puissent ces évènements rappeler à notre vigilance ce vaste conglomérat, aimable et conciliant quand il joue encore « à l'extérieur », c'est-à-dire en position de minorité, mais qui peut devenir incroyablement violent quand il évolue sur son terrain.

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