dimanche 8 février 2026

Christian Reig Christian Reig Le populiste André Ventura et le modéré socialiste António José Seguro s’affrontent ce dimanche 8 février. Le pays ibérique n’avait plus connu un deuxième tour d’une élection présidentielle depuis 1986. Le second tour de l’élection présidentielle au Portugal aura lieu contre vents et marées. L’autorité électorale a confirmé que le scrutin se tiendrait bien dimanche 8 février, en dépit des perturbations provoquées par les intempéries qui s’abattent sur le pays ces derniers jours. Le candidat d’extrême droite André Ventura avait pourtant demandé le report de l’élection. Son adversaire, le modéré socialiste António José Seguro, s’était prononcé pour le maintien à la date initiale. Qui sortira vainqueur de la tempête et du duel entre modération et radicalisme, pour succéder au président sortant Marcelo Rebelo de Sousa ? L’un des sondages les plus récents, réalisé par l’Université catholique portugaise et rendu public mardi par la chaîne de télévision et de radio RTP, donne le socialiste largement gagnant avec 67% des suffrages, contre 33% pour le fondateur du parti populiste Chega («Assez», en français). Un résultat en ligne avec les principaux agrégateurs de sondage du pays ibérique. Observador (67% des suffrages), Publico (65%) et Renascença (68,5%) voient Seguro remporter largement l’élection, sans suspense. Cet ancien secrétaire général du Parti socialiste, âgé de 63 ans et arrivé en tête au premier tour (31%), dit représenter une gauche «moderne et modérée». De tels résultats signifient que son adversaire, le populiste André Ventura, 43 ans, n’aura que peu amélioré son résultat du premier tour (environ 24% des suffrages). C’était de toute façon «très difficile» à faire, selon Paula Espirito Santo, professeure de sciences politiques à l’Institut supérieur des sciences sociales et politiques de l’Université de Lisbonne (ISCSP). Mais, prudente, elle indique auprès de l’AFP qu’«il y a toujours une part d’imprévisibilité». Déjà «une grande victoire» pour la droite «radicale» Quand bien même il n’est pas élu, le patron de Chega a déjà obtenu «une grande victoire, car il dépasse les partis de la droite traditionnelle et confirme son statut de chef de l’opposition», poursuit Paula Espirito Santo. Son parti a été fondé il y a moins de sept ans et est devenu en mai dernier la principale force d’opposition après avoir remporté 22,8 % des voix lors des élections législatives. Sa présence au deuxième tour de la présidentielle est «un pas de plus pour la croissance électorale et politique de la droite radicale», assure le politologue Antonio Costa Pinto, de l’Institut des sciences sociales de l’Université de Lisbonne (ICS). Par ailleurs, «cela représente un gros problème pour un gouvernement minoritaire qui doit négocier avec André Ventura pour survivre», ajoute cet analyste. À lire aussi Alexandre Devecchio : «Pourquoi les immigrés portugais en France votent contre l’immigration dans leur pays d’origine» Signe de la difficulté dans laquelle se retrouve le premier ministre Luís Montenegro, celui-ci a exclu de donner une consigne de vote. «Cela peut lui servir à court terme, pour ne pas repousser les électeurs d’André Ventura, mais l’absence de démarcation peut finir par le pénaliser électoralement», note Paula Espirito Santo. Et l’élection présidentielle peut servir de «tremplin» à André Ventura en vue de prochaines élections législatives, puisque «son objectif est de devenir un jour premier ministre», poursuit-elle. Ses détracteurs l’accusent d’ailleurs d’utiliser l’élection présidentielle uniquement pour renforcer et étendre la présence de son parti dans le pays. Le président du Portugal a essentiellement un rôle honorifique, mais joue un rôle clé dans la médiation entre les différents courants politiques du pays et dispose d’un droit de veto sur les lois, ainsi que la possibilité de dissoudre le gouvernement. Seguro a promis de ne pas être un «second premier ministre», refusant d’interférer dans les affaires courantes du gouvernement. À l’inverse, Ventura a prévenu qu’il serait un «président interventionniste», s’engageant à lutter contre des décennies de corruption des partis traditionnels et à promouvoir un programme anti-immigration musclé. C’est seulement la deuxième fois, après 1986, qu’un second tour d’une élection présidentielle a lieu au Portugal depuis la Révolution des œillets et l’instauration de la démocratie. La rédaction vous conseille Une commune frappée par les inondations au Portugal reporte le second tour de l’élection présidentielle prévu dimanche Portugal : notre palmarès 2026 des villes où s’installer pour les Français

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire