mercredi 30 septembre 2026
210 gendarmes face à un chercheur sur le cancer
En octobre 1996, 210 gendarmes, dont des membres du GIGN, interviennent dans un laboratoire de l’Isère. Hélicoptère, chiens, hommes armés, opération classée secret-défense…
La cible n’est ni un réseau terroriste ni un trafic d’armes.
C’est le laboratoire de Mirko Beljanski, chercheur ayant consacré plusieurs décennies au cancer.
ALORS UNE QUESTION S'IMPOSE :
Qu’est-ce qui pouvait justifier un tel déploiement ?
Des recherches qui dérangent
Depuis les années 1960, Mirko Beljanski développe une approche particulière du cancer. Il s’intéresse notamment au rôle de l’environnement et étudie plusieurs extraits de plantes dont il affirme observer une action sélective sur des cellules cancéreuses.
Parmi eux : le Pao pereira et le Rauwolfia vomitoria.
Son travail attire progressivement l’attention de médecins. Puis celle d’un patient particulièrement célèbre : François Mitterrand, atteint d’un cancer de la prostate durant son second septennat.
Selon Sylvie Beljanski, fille du chercheur, le président utilise alors les produits développés par son père parallèlement à sa prise en charge médicale.
Mais quelques mois après la mort de Mitterrand, tout bascule.
Le laboratoire est perquisitionné. Des chercheurs, médecins et pharmaciens sont interpellés. Le matériel et les travaux sont saisis.
Et Mirko Beljanski se retrouve sous contrôle judiciaire, privé de la possibilité de poursuivre normalement ses recherches.
Puis l’histoire devient beaucoup plus sombre
Ce jour-là, raconte sa fille, des hommes en combinaison interviennent dans le laboratoire en disant rechercher du plutonium.
Elle affirme qu’un produit y aurait été vaporisé et que son père aurait été contraint de rester sur place.
Deux mois plus tard, il est atteint d’une leucémie myéloïde aiguë.
Sylvie Beljanski soupçonne un lien entre les deux événements. Elle ne dispose cependant pas, dans cet entretien, d’une preuve établissant cette causalité.
Mais une autre bataille commence alors : la bataille judiciaire.
Mirko Beljanski réclame la possibilité de se défendre. Les mois passent.
Après sa mort, l’affaire finit devant la Cour européenne des droits de l’homme.
EN 2002 :
La France est condamnée pour violation de l’article 6 de la Convention concernant la durée de la procédure.
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