jeudi 20 février 2025

Tribune Libre/ Henri Ramoneda : “Où va l’Europe ?” Pierre Lellouche, ancien ministre français aux Affaires européennes en 2009, a récemment déclaré : « l’illusion européenne s’effondre face à Trump et Poutine ». En effet, la conversation téléphonique entre le président américain et son homologue russe, le 12 février, ouvre une nouvelle page de l’Histoire européenne. Le mardi 18 février, lors des pourparlers de paix qui se sont tenus en Arabie Saoudite, entre les diplomates américains et russes, le président Volodymyr Zelensky n’a pas encore compris que les temps ont changé et que Donald Trump, élu 47e président des États-Unis, a désormais son mot à dire pour assurer aux citoyens américains de vivre en paix. Comble de l’ironie, au cours des premières discussions bilatérales qui se sont déroulées à Riyad, Volodymyr Zelensky n’a pas apprécié de figurer à l’écart des discussions, quitte même à annoncer sa présence en Arabie Saoudite. Au lieu de faire preuve d’une once de sagesse et de se conformer à la célèbre expression anglaise wait and see, signifiant attendre et voir, Volodymyr Zelensky n’a pas supporté une brève solitude dans l’espace médiatique. Cela a eu pour effet de susciter le mécontentement du président Donald Trump sur la responsabilité ukrainienne de ce conflit et, en outre, sur le détournement d’une partie des aides financières américaines attribuées depuis 2022. Parfois, il faut ouvrir les yeux et les oreilles pour découvrir ce qui est : la guerre du Donbass a été déclenchée en mai 2014 par le pouvoir central de Kiev à l’encontre de la population du Sud et de l’Est de l’Ukraine en affinité avec ses liens historiques russes. Depuis 2014, pas une fois un chef d’État de la France ou de l’Allemagne a exigé l’arrêt des combats et le respect des accords Minsk de 2014 et 2015. De toute évidence, de nombreux responsables politiques européens et américains ont poussé la Russie à bout afin qu’elle déclenche les hostilités en mars 2022 et lui infliger ainsi des sanctions qui auraient dû être fatales. Mauvaise pioche ! L’économie russe ne s’est pas effondrée sur elle-même, bien au contraire, elle a résisté contre toute attente malgré des sanctions internationales inimaginables. La victoire à tout prix comme but ultime de la guerre De telle sorte que la paix d’Istanbul entre la Russie et l’Ukraine en mars et avril 2022 a été délibérément torpillée par le président américain Joe Biden, brillamment représenté par l’excentrique Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni. Et depuis 2022, tous les grands auteurs russes décédés ou vivants ont été l’objet de censures spectaculaires. En Europe, l’étude de l’écrivain russe Dostoïevski fut soumise à conditions en Italie, un lycée français souhaitait débaptiser le lycée qui s’appelle Soljenitsyne. L’eurodéputé Thierry Mariani, ancien ministre français des Transports et du Logement en 2010, qui copréside l’association dialogue franco-russe depuis 2012, et Yves Pozzo di Borgo, ancien sénateur centriste, ont été l’objet de deux enquêtes ouvertes par le parquet de Paris en 2021 et le parquet national financier (P.N.F.) en 2023 suite à des dénonciations calomnieuses diligentées par un site ukrainien. Ces enquêtes viennent d’être classées sans suite. Le Président Donald Trump vient d’accuser Volodymyr Zelensky d’être responsable de la guerre en Ukraine. Depuis 2020, plus de 30% des terres arables ukrainiennes sont contrôlées principalement par des d’intérêts étrangers européens et nord-américains. Terrain de jeu lucratif des multinationales occidentales en Ukraine, BlackRock, JP Morgan et McKinsey ont été engagés par le président Volodymyr Zelensky pour organiser la reconstruction de l’Ukraine. https://www.consultor.fr/articles/ukraine-blackrock-mckinsey-et-jpmorgan-chase-au-premier-plan-de-la-reconstruction Qu’on se le dise, l’Europe va devoir payer le coût de la reconstruction de l’Ukraine au prix fort. Henri Ramoneda

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